Temps de lecture: 9 min

À propos de l'histoire: Le Décaméron est un Historical Fiction de italy situé dans le Medieval. Ce conte Descriptive explore des thèmes de Friendship et convient pour Adults. Il offre Cultural aperçus. Une histoire intemporelle d'amitié et de survie pendant la peste noire en Italie.
L'Épidémie
En l'an 1348, Florence était une ville terrorisée par la Peste Noire. Les rues étaient étrangement silencieuses, ponctuées seulement par les pleurs occasionnels d'une famille en deuil. Les bâtiments se dressaient comme des sentinelles silencieuses au-dessus du chaos, leurs fenêtres sombres et menaçantes. Au milieu de cette tourmente, un groupe de dix amis—sept femmes et trois hommes—décidèrent de fuir la ville et de chercher refuge à la campagne, en quête de réconfort et de sécurité face à la marche implacable de la peste.
Pampinea, l’aînée et la plus sage du groupe, proposa le plan. « Nous nous retirerons dans la villa de ma famille sur les collines. Là, nous pourrons attendre cette peste dans une paix relative, loin des horreurs de la ville. »
Sa suggestion fut accueillie par un accord unanime. Ainsi, par un matin frais, ils partirent, chacun emportant le peu qu’il pouvait de leur vie précédente. En traversant les portes de la ville, ils laissèrent derrière eux la puanteur de la mort, le retentissement sombre des cloches des églises et le désespoir qui pesait lourd dans l’air.

Le Sanctuaire
La villa se dressait au sommet d'une colline douce, entourée de vignobles luxuriants et de vergers d'oliviers. C'était un domaine grandiose, ses murs en pierre blanche scintillant au soleil, offrant un contraste saisissant avec l'ambiance sombre qui persistait de leur voyage. Les amis s'installèrent dans leur nouvelle demeure, reconnaissants pour le sanctuaire qu'elle offrait.
Chaque jour, ils se rassemblaient dans la grande salle, ses hauts plafonds et ses tapisseries élaborées rappelant la richesse qui avait autrefois afflué librement à Florence. Pour passer le temps et garder le moral, Pampinea suggéra qu'ils racontent des histoires. Chaque jour, une personne narrerait un conte, apportant divertissement et un sentiment de normalité au milieu du chaos.
La Première Histoire
Le premier jour, ce fut au tour de Filomena de raconter une histoire. Elle parla d'un marchand nommé Federigo, qui était tombé amoureux de Monna Giovanna, une femme d'une grande beauté et vertu. Malgré ses tentatives pour conquérir son cœur, l'amour de Federigo resta sans retour. Il dépensa sa fortune pour l'impressionner, et bientôt, il ne resta plus que d'une petite ferme et d'un faucon bien-aimé.
Un jour, le fils de Monna Giovanna tomba gravement malade et éprouva un désir ardent pour le faucon de Federigo. Désespérée de sauver son fils, Monna Giovanna rendit visite à Federigo et lui demanda l'oiseau. Ignorant sa véritable intention, Federigo, dans un acte pur d'amour, cuisina le faucon et le lui servit. Lorsque Monna Giovanna découvrit cela, elle fut émue par son sacrifice et, après la mort de son fils, l'épousa. Ainsi, l'amour indéfectible et la générosité de Federigo furent enfin récompensés.
La Deuxième Histoire
Le lendemain, ce fut au tour de Dioneo. Connu pour son esprit et son charme, il choisit un conte humoristique pour alléger l'ambiance. Il raconta l'histoire d'une jeune femme nommée Alibech, qui, dans sa naïveté, chercha à servir Dieu en allant dans le désert. Là, elle rencontra un ermite nommé Rustico, qui la convainquit que la meilleure façon de servir Dieu était de l'aider à « renvoyer le Diable en enfer ». À travers une série de rencontres comiques, Alibech finit par rentrer chez elle, plus sage et plus consciente des réalités du monde.
Les Festivités
Pour célébrer la fin de chaque journée, le groupe organisait des festins dans la grande salle à manger de la villa. La table était garnie de pain, de fromage, de fruits et de vin des vignobles locaux. Les rires et les conversations qui remplissaient la pièce contrastaient vivement avec la tristesse qui régnait au-delà de leur sanctuaire.
Un soir, alors qu'ils dînaient sous la douce lueur des chandelles, Pampinea remarqua un changement dans l'atmosphère. Les histoires, la camaraderie et la relative sécurité de leur environnement commençaient à dissiper le voile de désespoir qui pesait sur leurs cœurs. Ils ne faisaient pas que survivre ; ils vivaient.

La Troisième Histoire
Le troisième jour, ce fut au tour d'Elissa de raconter une histoire. Elle narra le récit de Tancredi, le Prince de Salerne, et de sa fille Ghismonda. Tancredi avait gardé sa fille à l'abri, mais elle tomba amoureuse de Guiscardo, un homme de rang inférieur. Lorsque Tancredi découvrit leur liaison, il fit tuer Guiscardo et envoya son cœur à Ghismonda dans une coupe en or. Dévastée de chagrin, Ghismonda but du poison et mourut, serrant la coupe contre sa poitrine.
Cette histoire tragique émut tout le monde aux larmes, rappel poignant de la fragilité de la vie et de l'amour.
Le Jardin
Après plusieurs jours de contes et de festins, le groupe décida d'explorer les jardins de la villa. Les jardins étaient un paradis, remplis de fleurs vibrantes, de fontaines babillantes et de bosquets ombragés. C'était un lieu de paix, où ils pouvaient échapper au monde et trouver du réconfort dans l'étreinte de la nature.
Un après-midi, en se promenant dans les jardins, ils découvrirent un étang isolé. L'eau était cristalline, reflétant le ciel azur au-dessus. C'est ici qu'ils se rassemblaient souvent pour partager leurs pensées, leurs espoirs et leurs rêves.
La Quatrième Histoire
Lauretta, la plus silencieuse du groupe, choisit de raconter la quatrième histoire. Elle parla d'un noble chevalier nommé Messer Torello, qui fut séparé de sa femme pendant les Croisades. Capturé et vendu en esclavage, il gravit les échelons jusqu'à obtenir une position de respect à la cour du Sultan. Des années plus tard, il put enfin rentrer chez lui, juste à temps pour empêcher le remariage de sa femme. Leur réunion témoignait du pouvoir durable de l'amour et de la foi.
La Célébration
Au fil des semaines, le groupe trouva de nouvelles façons de célébrer la vie. Ils organisaient des soirées musicales et dansantes dans la grande salle, leurs rires résonnant à travers la villa. Les femmes s’agrémentaient de fleurs du jardin, tandis que les hommes jouaient des instruments et chantaient des chansons de joie et d’espoir.
Un soir, alors qu'ils dansaient sous les étoiles, Filostrato, le plus mélancolique du groupe, sourit enfin. La peste avait pu leur ôter beaucoup de choses, mais elle n'avait pas pris leur esprit. Ensemble, ils avaient trouvé un moyen de récupérer leur humanité.

La Cinquième Histoire
Le cinquième jour, ce fut au tour de Neifile de raconter une histoire. Elle parla de Lisabetta, une jeune femme qui tomba amoureuse d'un pauvre jeune nommé Lorenzo. Ses frères, découvrant la relation, assassinèrent Lorenzo et enterrèrent son corps. Guidée par un rêve, Lisabetta trouva sa tombe et déterra sa tête, qu'elle plaça dans un pot de basilic. Arrosé par ses larmes, le basilic devint luxurieux et vert, symbole de son amour et de son chagrin éternels.
Le Retour
Le jour tant attendu arriva enfin : le groupe devait retourner à Florence. Ils apprirent que la peste s'était calmée et que la vie commençait lentement à revenir en ville. Le cœur lourd, ils emballèrent leurs affaires et dirent adieu à la villa qui avait été leur refuge.
En revenant en ville, ils emportaient avec eux les histoires qu'ils avaient partagées, les souvenirs qu'ils avaient créés et les liens qui s'étaient renforcés entre eux. Le voyage de retour fut doux-amer, rappel de la résilience de l'esprit humain face à l'adversité.
Le Nouveau Départ
De retour à Florence, les amis trouvèrent une ville à jamais changée par la peste. Beaucoup de leurs proches étaient partis, et les rues étaient encore hantées par les souvenirs des pertes. Pourtant, au milieu des ruines, il y avait un sentiment de renaissance. Les gens reconstruisaient leur vie, leurs maisons et leur ville.
Pampinea et ses amies jurèrent de maintenir leur tradition de narration vivante. Ils se réuniraient régulièrement, non seulement pour se souvenir du passé, mais aussi pour célébrer l'avenir. Les histoires qu'ils racontaient serviraient de phare d'espoir, témoignage de leur survie et hommage à ceux qu'ils avaient perdus.
L'Héritage
Les années passèrent et les amis vieillissaient. Ils se marièrent, eurent des enfants et virent leur ville prospérer à nouveau. Mais le lien qu'ils avaient forgé durant ces jours sombres dans la villa resta intact. Ils continuaient de se rassembler, de raconter des histoires et de célébrer la vie.
Le Décaméron, ainsi connue leur collection de récits, devint un précieux héritage, transmis de génération en génération. Il rappelait une époque où dix amis avaient affronté le pire que le monde pouvait offrir et en étaient ressortis plus forts, unis par leur amour mutuel et leur esprit inébranlable.
Le Dernier Conte
Dans leurs dernières années, les amis décidèrent de mettre par écrit leurs histoires. Ils se réunirent une fois de plus dans la villa, désormais lieu de souvenirs affectueux plutôt que de refuge. Chacun d'eux contribua avec ses contes préférés, créant une riche tapisserie d'expériences humaines—amour, perte, joie, tristesse, humour et sagesse.
Alors qu'ils achevaient leur travail, ils se regardèrent les uns les autres les larmes aux yeux. Ils avaient traversé une période de grande épreuve et en étaient sortis avec des histoires qui les survivraient. Leur héritage était assuré, leurs récits un cadeau pour l'avenir.

Le Lien Éternel
Par une belle matinée de printemps, Pampinea, désormais vieille femme, s’assit dans le jardin de la villa. L'air était empli du parfum des fleurs en pleine floraison, et le soleil brillait chaleureusement sur son visage. Elle ferma les yeux et écouta les rires lointains des enfants qui jouaient, un son qui emplit son cœur de paix.
Elle pensa à ses amies, désormais dispersées par les vents du temps, et sourit. Elles avaient partagé quelque chose d'extraordinaire, quelque chose qui ne serait jamais oublié. Le Décaméron était plus qu'une simple collection d'histoires ; c'était un témoignage de leur courage, de leur amitié et de leur amour durable.
Ainsi, les histoires perdurèrent, un phare d'espoir pour les générations futures, rappelant que même dans les moments les plus sombres, l'esprit humain pouvait briller de mille feux, beau et éclatant.
